Mai 2009 : rasée.
Un bâtiment à la place.
Mal, vraiment mal.
J’suis là, d’vant la masure, où mon père jouait l’ordure,
Et où ma mère pleurait sa vie caricature,
Où le froid lézardait les murs plein de punaises,
Et où les mômes s’taisaient, encrés dans leurs fadaises
Du seul mot de demain.
J’suis là dans mes souv’nirs, dedans ma tronche qui saigne,
A m’rap’ler par la f’nêtre l’topinambour qui baigne,
De sa clarté blafarde les monceaux de fioles vides,
Qu’ont fait de not’jeunesse ces moments si arides,
Où seul poussait le vain.
J’suis là avec mes ans qui m’ont troué la vie,
Qu’ont tué à coups d’cafard l’esquisse de l’envie,
Et je pleure le gamin que j’ai jamais été.
Ce soir je couperais, d’un tesson d’la bouteille,
Le peu d’désir qu’j’avais du rayon de soleil,
Qui s’est éteint en moi été après été.
Et je mont’rais là-haut pour le jug’ment dernier…
Où je suis même pas sûr de savoir condamner.
Liedich le trentième d’octobre 2009 ev



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