- As-tu cueilli les parfums de la rosée de ce
matin ?
- Non, pas encore, je ramassais quelques bris de lunes
pour en décorer les grimoires !
- Bon, alors, je vais y aller avant qu’elles ne
disparaissent sous les tuiles de fleurs. Après, je m’occuperai de la musique du châtaignier.
- Fais attention de ne te piquer avec ses bogues de
notes !
- Ne t’inquiète-pas, si petites soient-elles, ses
croches me reconnaitront bien. D’ailleurs, elles m’ont demandé de leur préparer une portée d’amour !
- Une portée d’amour ?
- Et bien, oui, tu sais bien, quand elles peuvent se
mettre deux à deux et entonner des vocalises lascives ! Quand elles peuvent se rouler dans les prés de la mélodie… quant elles disparaissent
l’une en l’autre et que même parfois, des croches encore plus petites naissent de leur unisson !
- Je croyais que c’étaient des rondes de sentiments ce
que tu décris là !
- Ah, non, rondes de sentiments, c’est quand les
blanches sont rondes et que les croches s’accrochent et se décrochent au rythme de la clé d’amour !
- C’est vrai, pardonne-moi. Tant que j’y pense, il ne
nous faut pas oublier de rentrer quelques nuages pour l’été prochain.
- Tu as raison, nous aurons besoin de beaucoup de
fraîcheur, on annonce une saison d’amours torrides cette année encore.
- Et la réserve de doux mots, où en sommes-nous ?
Il faut penser à la prochaine kermesse de « L’allée des Rêves ».
- Tout va bien de ce côté-là mais je vais quand même en
commander à la brise du soir, le temps dernier, nous avions failli en manquer !
- Je vais aller voir si la fontaine distille toujours
des rus de douceurs colorées. Je pense y ajouter un dégradé sourire et un camaïeu de soie d’orange.
- Dis, après, nous pourrions nous reposer, qu’en
penses-tu ?
- Oui, il me vient l’envie de t’emmener promener sur un
bouquet de songes !
- Oh oui, tu me l’avais promis.
- Promis, non, je te le devais.
- C’est comment dis ?
- Eh bien, tu te poses là, tu écoutes la mélopée du devenir, tu respires le désir, tu souffles trois mots d’amour…..
- Où-es-tu ? Je ne te vois plus…Je ne te sens plus…
- Chuttt, c’est l’instant silence !
Il ne nous est plus besoin de parler…Juste de donner…
- Comme je t’aime ! Comme ton pétale m’habite … et
comme ton pistil distille nos sentiments !
- Tu fais de mon cœur un dédale !
- Je t’aime comme disent les hommes eux qui
n’y connaissent vraiment rien. Il serait pourtant si simple de se savoir tendre la main.
Liedich le quatorzième de juillet 2008 ev
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